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Jeux Promo

Une remise se calcule sur quel prix : la notion de prix de référence

Un prix barré suivi d'un prix plus bas ne dit qu'une chose : l'écart entre deux nombres. Le second est celui que vous payez, le premier est une affirmation sur le passé, et c'est elle qu'il faut vérifier. Dans le jeu vidéo, cette référence est souvent un tarif conseillé fixé à la sortie, que personne n'a payé. Voici comment distinguer une remise réelle d'un simple décor.

Une étiquette de carton vierge tenue entre deux doigts au-dessus d'un présentoir
Le prix barré est une étiquette : ce qui compte est de savoir qui l'a posée et quand.

Deux prix, dont un seul est payé

Quand une page affiche un prix rayé à côté d'un prix plus bas, elle ne vend pas une baisse : elle vend un écart. Le montant que vous réglez est le seul chiffre certain. L'autre est une référence, c'est-à-dire un prix que le vendeur affirme avoir pratiqué, ou un prix auquel il se compare. Toute la valeur de l'annonce tient dans la solidité de cette affirmation.

Dans le jeu vidéo, la référence affichée est rarement le prix pratiqué par le vendeur la semaine précédente. C'est le plus souvent le tarif conseillé de l'éditeur, fixé à la sortie et presque jamais révisé. Or un tarif conseillé n'est pas un prix payé : c'est une étiquette. Une remise calculée sur une étiquette mesure l'écart entre un prix réel et un prix théorique, ce qui est exact et ne renseigne sur rien.

Personne devant un ordinateur portable, manette sur les genoux, écran flou
La page d'offre donne le prix payé et la référence ; l'historique donne le reste.

Ce que la règle des trente jours impose

Depuis le 28 mai 2022, la France applique les règles issues de la directive européenne dite Omnibus, qui a inséré dans la directive sur l'indication des prix un article consacré aux annonces de réduction. Toute annonce doit indiquer le prix antérieur appliqué par le professionnel pendant une durée déterminée, et ce prix antérieur est le prix le plus bas appliqué au cours d'une période qui n'est pas inférieure à trente jours avant la réduction. La fiche pratique de la DGCCRF, mise à jour en août 2026, dit la même chose.

L'objectif est nommé : empêcher qu'une hausse juste avant l'offre ne fabrique une fausse remise. La fenêtre de trente jours est un garde-fou contre cette manipulation, pas une mesure de la bonne affaire. Un jeu au plus bas de ses trente derniers jours peut rester plus cher que ce qu'il valait six mois plus tôt, ou que ce qu'il coûte ailleurs le même jour.

Le prix antérieur doit servir au calcul, pas à la décoration

La Cour de justice de l'Union européenne a tranché le 26 septembre 2024, dans une affaire opposant une association de consommateurs à un distributeur allemand au sujet d'annonces parues dans des catalogues. Une remise annoncée sous forme de pourcentage, ou sous une formule destinée à mettre en avant l'intérêt du prix, doit être déterminée à partir du prix le plus bas pratiqué pendant les trente jours précédents.

Le point décisif est la suite du raisonnement : il ne suffit pas de mentionner ce prix le plus bas quelque part dans l'annonce, encore faut-il que le calcul repose réellement sur lui. Afficher une référence exacte en petits caractères tout en calculant la remise sur un prix plus élevé ne satisfait pas au texte, l'acheteur restant trompé sur l'ampleur de la baisse.

Une confusion fréquente reste à lever. Quand un vendeur compare son prix à celui d'autres vendeurs, la DGCCRF précise que la comparaison doit être présentée comme telle, avec la nature du prix de comparaison : tarif conseillé, prix habituellement constaté. Une comparaison n'est pas une réduction, et un tarif conseillé n'est pas un prix antérieur. C'est pourtant l'amalgame le plus courant des pages de jeu vidéo.

Deux boîtiers de jeu sans logo posés côte à côte sur une table en bois
Deux éditions du même titre sont deux produits : la référence ne suit pas toujours.

Trois référentiels pour un seul prix payé

Mettre les choses à plat aide plus que lire le pourcentage. Le prix de sortie, ou tarif conseillé, est une étiquette posée à la commercialisation : il ne correspond à aucune transaction et ne bouge presque jamais. Le prix antérieur du vendeur est le seul que la règle des trente jours encadre. Le prix courant du marché, lui, est ce que le jeu se négocie réellement, chez plusieurs vendeurs et sur le marché de l'occasion.

Le prix de marché est le seul qui réponde à la question posée, et il ne figure pas sur la page de l'offre : aucun vendeur n'a intérêt à publier l'historique de ses prix à côté du prix du jour. Les historiques publics existent pour combler ce manque, et ils se lisent comme une courbe sur plusieurs mois, pas comme un chiffre relevé la veille.

Trois contournements qui n'ont rien d'illégal

Le premier est celui que la règle vise : la hausse juste avant l'offre. La fenêtre de trente jours la limite, elle ne l'abolit pas. Si le point bas du vendeur sort de la fenêtre, ou si le prix a été relevé assez tôt pour que la hausse ne pèse plus dans le calcul, la référence remonte mécaniquement et la remise annoncée avec elle, sans qu'aucune phrase ne soit fausse.

Le deuxième joue sur l'objet comparé : une annonce porte sur un produit identifié, et changer d'édition change le produit. Passer de l'édition de base à une édition complète, ou regrouper plusieurs titres dans un lot, déplace la comparaison sans mentir sur les chiffres. Un lot dont la valeur affichée additionne des tarifs conseillés cumule les deux problèmes : des étiquettes jamais payées, et des contenus dont une partie ne vous intéresse pas.

Le troisième joue sur l'identité du vendeur. Le prix antérieur est celui de celui qui annonce, pas celui du marché. Un vendeur jamais aligné sur les prix bas peut annoncer une baisse spectaculaire par rapport à son propre historique et rester plus cher que ses concurrents toute l'année. Sa remise est exacte, son prix ne l'est pas.

L'ordre des questions avant de cliquer

Première question : sur quel prix la remise est-elle calculée ? Si la page ne le dit pas, ou si elle désigne un tarif conseillé, vous savez déjà que le pourcentage ne mesure pas une baisse consentie par ce vendeur. Deuxième question : ce prix a-t-il été pratiqué par ce vendeur, et sur quelle période ? Un prix antérieur jamais appliqué n'est pas un prix antérieur, c'est une comparaison.

Troisième question : quelle édition est proposée, et contient-elle ce que vous cherchez ? Un lot peut être une bonne affaire ou du remplissage, selon ce que vous auriez acheté séparément. Quatrième : quel était le niveau réel du marché ces derniers mois ? C'est la seule mesure de l'économie, et elle s'obtient en quittant la page de l'offre.

Cinquième question : que se passe-t-il après l'achat ? Les conditions de remboursement d'un jeu dématérialisé se lisent avant de payer, et une offre qui dépend d'un abonnement actif n'est pas un achat : elle s'arrête avec l'abonnement. Une annonce qui répond à ces cinq questions est lisible ; une annonce qui n'en satisfait aucune n'est pas nécessairement une tromperie, c'est un affichage dont on ne peut rien tirer de plus.